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Alcaloïdes pyrrolizidiniques : une échéance décisive le 16 juillet à Bruxelles

  • Photo du rédacteur: Valentin RAOUL
    Valentin RAOUL
  • il y a 17 heures
  • 3 min de lecture

Le Working Group on Agricultural Contaminants in Food se réunit le 16 juillet prochain pour statuer sur la révision des teneurs maximales en alcaloïdes pyrrolizidiniques (AP) dans les plantes séchées et les compléments alimentaires. EUROPAM, la FSE et l'EHPM ont adressé une lettre commune aux experts nationaux pour rappeler les enjeux de ce dossier suivi depuis deux ans.

Un dossier en discussion depuis deux ans

Le Working Group européen sur les contaminants agricoles dans l'alimentation examine depuis deux ans la question des limites réglementaires en alcaloïdes pyrrolizidiniques applicables à certaines plantes. La réunion du 16 juillet est présentée par les trois organisations professionnelles comme l'occasion de conclure ces discussions.

EUROPAM, la Fédération européenne des associations de fabricants de compléments alimentaires (EHPM) et Food Supplements Europe (FSE) s'appuient sur une base de données de plus de 5 000 résultats d'analyses, constituée sur plusieurs années, pour documenter la difficulté persistante à respecter les seuils actuels malgré les efforts engagés au champ pour réduire la contamination.

Plantes séchées : une demande de relèvement à 1000 µg/kg

Pour les herbes séchées, les trois organisations réitèrent leur demande d'accepter un seuil de 1000 µg/kg pour les espèces où plus de 10 échantillons figurent dans la base EUROPAM mais pas dans la base EFSA. L'argument avancé : la base EFSA porte essentiellement sur des produits finis et ne reflète pas les matières premières, en particulier les lots refusés qui, n'étant jamais mis sur le marché, n'apparaissent pas dans ses données.

Compléments alimentaires à base d'extraits : un facteur de concentration révisé

Le deuxième volet de la lettre porte sur les compléments alimentaires contenant des extraits botaniques. Les process d'extraction concentrant mécaniquement les AP, un facteur de concentration est déjà admis pour les extraits en poudre destinés aux infusions instantanées. Les trois organisations demandent d'étendre ce principe aux extraits botaniques, avec un facteur ramené de 4 à 2,5, dont elles indiquent avoir démontré l'acceptabilité.

En tenant compte du fait que la teneur en extrait dans un complément dépasse rarement 50 % (le reste étant constitué d'excipients), ce facteur aboutirait à une teneur maximale de 1250 µg/kg. Rapporté au poids moyen d'un complément alimentaire à base de plantes (0,7 g selon l'EFSA), cela représente une exposition journalière de 0,875 µg — inférieure à l'exposition liée à d'autres sources alimentaires, et sous le seuil de 1 µg/jour retenu pour les médicaments traditionnels à base de plantes.

Pour simplifier les contrôles, la lettre propose d'intégrer directement ce facteur dans les seuils réglementaires, sans calcul à effectuer :

  • Compléments à base d'herbes séchées listées en 2.4.2 : 400 ppb

  • Compléments à base d'herbes séchées listées en 2.4.3 et/ou d'extraits dérivés d'herbes listées en 2.4.2 : 1000 ppb

  • Compléments à base d'extraits dérivés d'herbes listées en 2.4.3 : 1600 ppb

Une mobilisation attendue des États membres

Selon EUROPAM, la Commission européenne a indiqué qu'il serait déterminant que plusieurs États membres soutiennent cette approche lors de la réunion, en particulier par la voix de leurs experts nationaux. La lettre, signée par Rudolf Marchart (président d'EUROPAM), Livia Menichetti (directrice générale de l'EHPM) et Patrick Coppens (directeur réglementaire et affaires scientifiques chez Food Supplements Europe), propose aux experts nationaux qui le souhaitent une visioconférence pour présenter la proposition plus en détail.

Ce que cela signifie pour la filière PPAM

Pour les producteurs et transformateurs de plantes à parfum, aromatiques et médicinales, l'issue de cette réunion conditionnera directement la commercialisation de certains lots aujourd'hui difficiles à mettre en conformité avec les seuils actuels, alors même que les efforts de réduction de la contamination au champ sont réels. SNPAMI suit ce dossier de près, en lien avec EUROPAM, et reviendra vers ses adhérents dès que des éléments concrets seront connus à l'issue de la réunion du 16 juillet.

Source : lettre conjointe EUROPAM / EHPM / Food Supplements Europe du 2 juillet 2026, adressée aux membres du Working Group on Agricultural Contaminants in Food.


 
 
 

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